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Interview 2-2 de Romain Roux Ingénieur du son

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Note : 5 sur 5.

Article destiné à : Tout public

Rapidité d’exécution : Rapide

Objectif de l’article : Interview de Romain Roux Ingénieur du son Partie 2/2

En résumé : Romain nous parle du métier d’ingénieur du son dans les orchestres symphoniques, de sa vie professionnelle et nous donne quelques conseils, pour vous qui avez peut-être votre home studio et qui souhaitez produire votre musique simplement. Cet article est la deuxième partie de cet interview. Romain nous livre également quelques anecdotes dont une au stade de France. Suivre ce lien pour lire la première partie de cet interview.


Romain Roux
Romain Roux

Philippe M : Est ce que tu as un plan de scène avec tous les musiciens?

Romain Roux : Il peut arriver que la régie d’orchestre m’envoie des plans, ce qui me permet de préparer en amont, mais sinon j’arrive le jour J sans les plans, et je me débrouille avec ce que je vois et comme j’ai du matériel conséquent je peux enregistrer un orchestre à priori sans problème.

Philippe M : Est ce que tu fournis un micro pour chaque musicien? Ou bien ils arrivent avec leur propre micro? Je pense aux cordes, aux violons etc

Romain Roux : Et bien ça répond à la question, l’orchestre possède un parc micro, en gros on a un peu moins d’une vingtaine de chips, on a du Neumann,  du TLM 170, du KM140, du Statex qui sont des Neumann re-conditionnés, on a des B&K des 4006 pour le couple qui marchent très très bien…

Philippe M : Est-ce que tu fais le mixage le jour même? Est ce que tu mixes pour le live ou en vue de faire des disques ou des vidéos dans un second temps? Ou une retransmission future?

Romain Roux : Alors généralement, quand il n’y a pas de projet de dvd, disque etc, je mixe en direct, je mixe toujours en direct, quoi qu’il se passe, il y a des émotions qui se passent à un moment avec les musiciens, avec le chef etc et qui se passent aussi avec nous en direct, et qu’on aurait pas forcément après en remixant. Donc j’accorde beaucoup d’importance à mixer en live, pour moi c’est très important.

Après si vraiment il y a besoin effectivement, mais ça a moins de vie, généralement ça vie quand même toujours moins. Après ça fait très longtemps que je mixe en direct, il n’y a pas beaucoup de gens qui le font… Surtout sur de gros orchestres comme ça, et d’ailleurs des fois on l’entends, c’est une question d’habitude, c’est pour ça qu’il faut avoir une oreille très attentive, il faut être très très réactif, c’est à dire que dans un quart de seconde il faut pouvoir mettre le doigt sur le bon micro d’ instrument, voila, pour arriver à doser des fois ça se joue à 1mm pour respecter la profondeur des instruments, si on pousse un fader un petit peu trop, hop tout de suite on va le déplasser dans l’espace, tout de suite il va se rapprocher, alors que c’est pas ce qu’on voulait, il faut être très vigilant par rapport à ce genre de chose.

Et après selon les demandes, si il y a des retransmissions futures, etc, j’enregistre en multi-pistes  et à ce moment là je suis prêt à remixer si il y a besoin… à faire du montage…

Philippe M : Est-ce que tu enregistres les musiciens au clic quand ils jouent ou bien est-ce le chef d’orchestre qui gère la partie rythmique?

Romain Roux : Alors la réponse est « jamais », pas pendant les concerts ou alors il faut que ce soit un ciné concert, la musique est calée sur l’image.

Ça peut m’arriver en studio, par exemple la semaine dernière j’ai enregistré pour un jeu vidéo, et là certaines choses doivent être calée, donc à ce moment là on va utiliser un clic.

Philippe M : Est ce que le recalage rythme est un outil que tu utilise?

Romain Roux : Alors non je n’utilise pas de recalage rythmique, déjà par ce que on est pas au clic, je ne travaille pas en midi dans ce genre de chose, et parce que le chef est là pour gérer ça, ensuite si jamais il y a un problème de rythme, ben je vais aller le chercher sur une autre prise ou c’était mieux, et je vais faire un montage, mais je ne vais pas recaler, c’est très rare.

Philippe M : Est ce que la compression dans le domaine classique est un outil que tu utilise?

Romain Roux : Alors oui évidemment, on utilise la compression mais on l’utilise plus en limiteur qu’en compresseur. Souvent sur tout ce qui est timbales, en gros toutes les percutions, effectivement , on va un petit peu limiter plutôt que compresser, et c’est à peu près tout, parce que on doit vraiment garder la dynamique de l’orchestre, c’est à dire qu’il faut respecter les nuances, les crescendo, les decrescendo, chose que l’on a pas en variété, en pop etc, généralement ça on a pas trop, donc pour nous il est très important d’utiliser cette dynamique, de la respecter, donc on ne compresse pas trop les signaux faibles, et on ne remonte pas les signaux faibles.

Philippe M : Tu as fait des études de musique…. Tu es pianiste je crois…de conservatoire…

Romain Roux : Donc oui j’ai fait des études musicales, donc du solfège, j’ai fais du piano du hautbois et de la basse, ce qui fait que ça m’a permis d’éguiser un peu mon oreille.

Philippe M : Est-ce que ça t’aide dans le processus de mixage dans ton métier au quotidien et à quel niveau?

Romain Roux : Evidemment ça m’aide dans le processus de mixage, ça m’aide aussi a entendre si un des instruments a jouer une note fausse, si il a joué en place ou pas, si c’est décalé, si c’est pas décalé, ça m’aide énormément au niveau de mon écoute.

Philippe M : Est-ce que c’est un job stressant combien de temps tu passes pour préparer l’enregistrement et le mixage d’un concert?

Romain Roux : Alors oui c’est un job qui est assez stressant, surtout pour un orchestre, parce que, ce qu’il faut savoir, c’est qu’un orchestre fonctionne à l’horaire, c’est à dire qu’ils ont des plages de répétition, par exemple une plage d’enregistrement de 14h à 16h30, si à 16h30 on a pas finit, c’est tant pis, donc effectivement il y a une grosse pression, sur le fait que tout fonctionne et qu’on ne perde pas de temps à cause de moi, et je met tout en oeuvre pour que la séance soit réussie.

Philippe M : J’imagine que quand une salle est pleine, les enjeux sont importants? Pas question de plantage d’une machine?

Romain Roux : Sinon ça peu avoir des incidences assez phénoménales, surtout au niveau financier, car faire revenir 80 musiciens par ce tu as raté ta séance peut couter très très cher. Oui en sonorisation les enjeux sont très importants, on a de plus en plus l’habitude, on voit arriver les problèmes, c’est aussi pour ça qu’on a des répétitions avant, c’est pour caler tout se qui pourrait ne pas marcher, ne pas fonctionner, et qu’on puisse anticiper. Après on est jamais à l’abris d’un plantage ou d’un imprévu.

Philippe M : Est ce que vous avez du matériel et des dispositifs de secours pour les directs?

Romain Roux : En ce qui concerne le matériel et les dispositifs de secours pour les directs, alors oui on peut mettre en place des micros de secours, pour des chanteurs pour si pour là, mais parfois quand le concert est parti et que personne sait qu’on est là, on ne peut pas intervenir alors il faut qu’on trouve les solutions donc des fois on va récupérer un soliste avec des micros qui sont le plus prêt possible même si c’est pas l’idéal et qu’ils ne sont pas très très prêt, même si ce n’est pas le micro désigné pour tel ou tel chanteur, ça peut arriver, il m’est arriver d’avoir un micro qui est tombé en panne sur un piano, donc j’ai dédoublé le premier micro que j’avais mis et malheureusement j’ai eu une inversion de phase, donc le piano a disparu, ça n’arrive jamais mais voila… Cette fois là ça m’est arrivé. 

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Philippe M : Est-ce que tu travailles au casque en concert et pour faire tes Mixages ?

Romain Roux : Pendant les enregistrements oui je travaille toujours au casque. Pourquoi : Tout simplement parce que souvent j’ai du monde en cabine, ça discute un peu des fois sur certaines choses, et j’ai besoin d’être vraiment centré sur ce qui se passe, et tout simplement par ce que j’ai toujours la même écoute, ou que je sois, c’est un peu une référence. Le casque est greffé à mes oreille en effet…

Philippe M : C’est quoi ton travailles concrètement Romain? Comment tu le résumerais en une phrase?

Romain Roux : Oui, alors mon travail consiste à immortaliser des instants magiques.

Philippe M : Est ce que tu as beaucoup de temps pour préparer un live d’un orchestre symphonique ?

régie orchestre symphonique
régie orchestre symphonique

Romain Roux : Oui cela dépend du moment ou je suis prévenu de l’enregistrement, à priori, je le sais  suffisamment à l’avance. Mon quotidien c’est d’embaucher les intermittents dont je vais avoir besoin pour  que l’enregistrement se passe au mieux, donc une évaluation des besoins, ainsi que les besoins matériels, ensuite on passe à la préparation du concert, l’installation, les répétitions, le concert et ensuite le démontage. Et une fois que tout cela est fait, j’ai la phase archivage ou je vais tout réécouter tranquillement avec les partitions sous le nez pour voir si il y a eu des accidents entre guillemet, c’est à dire des fausses notes, des petits décalages, des petites fébrilités, et à ce moment là je vais essayer de les remplacer par la même chose mais en mieux qui ce serait par exemple passé à la répétition etc, tout ceci dans le but d’archiver quelque chose de chouette.

Philippe M : Comment fais-tu pour garder les artistes concentrés tout en réglant les problèmes techniques ? 

Romain Roux : Alors tout simplement soit le ne leur dit pas, soit je leur explique gentiment et très sereinement en leur disant ben voila, on a une panne, on est en train de la régler, ne vous inquiétez pas, continuer à jouer, nous on fait notre boulot, faites le votre et ça va le faire, ou sinon on leur demande une pause pour essayer de régler le problème technique si on ne peut pas avancer.

Philippe M : Pour mixer une trentaine d’instruments à quel niveau de volume travailles-tu pour tes mix ?

Romain Roux : Alors comme il y a une grosse dynamique sur un orchestre de l’ordre je crois de 130 db de dynamique donc c’est énorme, généralement je met un niveau dans mon casque, si je comprends bien je n’y touche plus. Si ça commence un peu piano et que  je met un niveau un peu conséquent pour être dedans et qu’après j’ai des triples fortés généralement je finis fatigué… Mais avec le métier après on apprends à faire les bon réglages pour les écoutes, je suis habitué et ça va bien.. Sinon en général je me rapproche le plus du 0db puisque je ne compresse pas, ça veut dire que pour moi, les plus grosses pêches, les plus gros accords, les plus gros coup de cymbale, les passages les plus fort, il faut que je me rapproche au maximum du zéro puisque je ne pourrai pas ensuite remonter les pianos…

Philippe M : Comment fais tu au quotidien pour garder tes oreilles fraîches?

Romain Roux : Alors au quotidien pour garder les oreilles fraiches… Le silence…Ça marche pas mal, mais très honnêtement, sur une saison de septembre à juin, j’ai les oreilles qui commencent à fatiguer courant mai. Entre Mars et mai je commence à fatiguer au niveau de mes oreilles et après généralement je ne les fait plus travailler du tout de juillet à septembre donc j’ai deux mois ou je calme, je fais super attention.

Philippe M : Est ce que tu arrives encore à écouter de la musique pour ton plaisir personnel?

Romain Roux : Alors oui, j’écoute beaucoup de musique pour mon plaisir personnel, j’apprécie même le classique, ça me fait connaitre un sacré répertoire, franchement je ne suis fermé à rien, j’écoute un peu de tout et avec plaisir. Tout simplement par ce que l’écoute n’est pas la même aussi, je ne suis pas dans le détail, je ne suis pas dans la recherche de… Je suis plus en mode détente, donc ce n’est pas une écoute proprement dite c’est plutôt j’entends….

Philippe M : En as tu encore envie après tes journées de travail?

Romain Roux : La réponse est tout dépends de sur quoi je vais bosser, il y a des styles qui me fatiguent plus que d’autres, il y a aussi les exigences des un et des autres qui peuvent être aussi effectivement un peu plus fatigante que d’autres, voila… Tout ce qui est très répétitif, le montage c’est très fatigant, le mixage beaucoup moins pour moi, après cela reste personnel…

Les conseils de Romain

Philippe M : Quels conseils donnerais-tu à un home studiste pour enregistrer sa musique et arriver à la meilleur qualité possible?

Romain Roux :  Alors très honnêtement, c’est sûr, dès qu’on a un matériel très poussé, très cher d’ailleurs, c’est très cher dès qu’on veut du bon matos…, mais même avec du matériel de moins bonne qualité, si on fait un mixage cohérent, on peut très vite arriver à quelque chose de très propre, surtout ce que je donnerai comme conseil, c’est surtout de ne pas abuser de tout ce qui est effet, de tout ce qui est surnaturel, etc, enfin pour moi ce qui est important c’est déjà de faire le plus simple possible, il faut que ça sonne simple…

Philippe M : Penses tu que de mettre le prix dans des câbles en or puisse améliorer les mixages et les enregistrements en home studio?

Romain Roux : Alors les puristes diront que oui biensûr etc, mais moi je pars du principe qu’effectivement déjà si on arrive à bien mixer, à faire un bon travail etc, déjà on peut avoir quelque chose de très satisfaisant, et quand on a un truc de très satisfaisant, sur un matériel Lambda, alors effectivement sur des câbles d’une autre qualité alors oui ça sonnera encore mieux, mais… Ça marche pas l’inverse…

Philippe M : Entre un câble XLR à 15€ et un câble XLR à 130€ penses tu que le son sera plus clair? Et meilleurs?

Romain Roux : Alors très honnêtement, sois tu as toute une chaine hors de pris et voila, alors oui tu va gagner un petit peu par si, un petit peu par là selon le matériel que tu utilises, mais encore une fois, rien ne vaut finalement peut-être un bon mixage… et c’est pas parce que on a un mauvais matériel qu’on va faire un mauvais mixage…Par exemple, j’ai mixé dernièrement un concert pour Isabelle George qui est une super chanteuse de style Broadway etc, j’ai mixé pour elle, Heu…. Aux écouteurs d’AirPod…là, je sais pas quoi…. Et elle était ravie… Je l’ai fait j’étais en vacances, j’avais que ça, j’ai mixé aux AirPods… Ça a suffit tout simplement, donc encore une fois, ça sert à rien de se ruiner, très honnêtement je pense pour se genre de chose… Après, des bons préamplis, Oui, la chaine jusqu’à l’enregistrement oui pourquoi pas mais après pour tout ce qui est écoute, pas forcément.

Ce que je veux dire par là, c’est que à moindre coût maintenant, en plus au prix des home studio, même avant on achetait une table de mixage ça restait hors de prix, pour 8 pistes etc, maintenant on a un trente deux pistes pour 300 Euros quoi, ou peu être moins, qui va pas trop mal sonner, tout est devenu accessible. Je pense que déjà, se faire son propre Home Studio, travailler dans ce sens là en travaillant sereinement et intelligemment moi je pense que cela suffit, je ne pousserai pas à la consommation en tout cas…

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Philippe M : Ça vaux le coup de câbler or au moins les entrées micro non? La clarté devrait s’en ressentir? Tu pourrais nous expliquer pourquoi?

Romain Roux : Alors très honnêtement comme je te disais, moi je ne fais pas partie de cette Team là j’ai envie de dire, je pense qu’effectivement le composant est beaucoup plus conducteur donc il doit se passer des choses, peut être mieux mais c’est sûr qu’après quand on a un câble un peu pourri, qu’on a du buzz on est pas content et ça le fait pas…là on est d’accord mais encore une fois, non il vaut mieux acheter une bague en or à sa femme, ça lui fera bien plus plaisir et à nous aussi…:)

Philippe M : J’ai mis des panneaux acoustiques dans une pièce pour faire mes captations voix et guitare…. Est ce une bonne idée selon toi?

Tu pourrais nous expliquer pourquoi?

Romain Roux : Alors en ce qui concerne les panneaux acoustiques, oui je pense que c’est une très bonne idée parce que effectivement on a un son direct et les sons indirects, diffus, donc effectivement ça peut éviter d’avoir comment dire, des résonances désagréables etc donc oui en effet c’est une très bonne idée… Par exemple, pour se rendre compte un petit peu du phénomène, si on se place entre deux mûrs parallèles ou quatre mûrs dans une salle vide, tapez dans vos mains et vous allez entendre clac clac clac clac, enfin c’est le son qui va taper sur les mûrs, taper sur l’autre, taper sur l’autre taper, taper, taper, etc et qui revient à vos oreilles. Donc ça effectivement en mettant des panneaux absorbeurs, ça va calmer en fait ces rebonds contre les mûrs, ça va canaliser un petit peu l’acoustique du lieu…

Romain Roux : D’ailleurs, une petite anecdote, on était en enregistrement, on avait mis la chanteuse au milieu de l’orchestre, et il se trouve que à cet endroit là, on avait une zone d’écho. Donc il a fallut qu’on déplace d’un mètre la chanteuse  sur le coté pour qu’on ait plus cette zone d’écho, c’était assez frappant, donc voila, l’acoustique d’un lieu c’est quand même quelque chose et soit on peu canaliser les choses avec des panneaux acoustiques et arriver à adapter le lieu à ce dont on veut faire, ou alors, c’est à nous de nous adapter  au lieu, donc nous en l’occurence c’est ce que nous avons du faire, mais quand vous êtes chez vous, que votre pièce raisonne un petit peu trop, et que vous préférez canaliser un peu l’acoustique, et bien n’hésitez pas effectivement à mettre des panneaux acoustiques.

Philippe M : Allez merci Romain dernière question, si tu as une anecdote sympa à nous partager… ou un grand moment de solitude ou de stress à nous faire partager…

Les anecdotes de Romain

Romain Roux : Alors une petite anecdote ou j’ai fait un peu de l’huile… J’ai enregistré Richard Galliano, Charlie Haden la contrebasse,  Gonzalo Rubalcaba au piano, et en fait, on fait les balances, et il y avait ni Richard Galliano, ni Charlie Haden pour les balances, et du coup ils sont arrivés que pour le concert, et moi j’étais en direct sur une télé interne à Montpellier, donc 3, 4 c’est partit, j’avais pas fait de balance et évidemment j’étais très très stressé, quand ils ont commencé ça s’est très bien passé parce que à force de connaitre un petit peu mes outils mais c’est vrai que ce genre de choses, c’est très très stressant. 

Romain Roux : Une autre anecdote, aussi au pont du gars, on sonorisait un concert avec l’orchestre de Montpellier et Jeff Miles, qui est un DJ de Détroy, très connu, qui venait tourner son DVD au pont du gars, et ce jour là on a eu un vent de folie, il a fallu qu’on installe des rails côte, c’est pour éviter le bruit du vent, dans les micros, on a mangé du sable toute la journée, c’était l’enfer, et il a fallu qu’on arrose toute la plage pour écraser le sable pour qu’on puisse travailler tranquillement. Ensuite il y a eu les grenouilles qui se sont mises à hurler, donc on ne s’entendait presque plus et heureusement qu’on avait une sono pour les calmer, et résultat des courses, il y a eu tellement de sable que l’enregistrement n’a pas pu se faire, car les gens qui étaient là pour enregistrer avait un Mac à l’époque, et le MAC a pris tellement de sable que l’enregistrement n’a pas pu être fait et pour la petite anecdote l’enregistrement son a dû se refaire en ReRe ensuite à Montpellier, voila. C’était la grosse partie très compliquée qui a couté évidement très cher, etc etc

Romain Roux : Après il y a encore une autre anecdote qui me vient aussi, c’est des petits détails mais auxquels on ne pense pas toujours mais, un jour j’arrive dans une loge de chanteuse, elle devait être équipé d’un micro HF et dans la mise en scène elle avait une robe fendue, très fendue, et de chaque coté, elle avait un décolleté et un dos nue, donc autant te dire que pour placer un micro caché c’était très compliqué et après avoir fait plusieurs fois le tour de la chanteuse qui était très agréable à regarder, ceci dit, et bien on a trouvé avec les équipes de costume, on a trouvé la solution de lui faire un sac assorti à sa robe, en mettant le micro greffé à la bandoulière du sac, pour quelle puisse avoir le micro pas trop loin et qu’on puisse arriver à avoir quelque chose de correct.

Romain Roux : Une autre fois sur Rigoletto j’y pense, le chanteur principal qui chantait Rigoletto était quelqu’un qui transpirait énormément et la colle que l’on met habituellement pour placer les micros au niveau de la tempe ou dans les cheveux pour pas que ça se voit avec les épingles et tout le reste, ça ne fonctionnait pas en fait, ça ne tenait pas, donc du coup me voila parti à la pharmacie et j’ai acheté tous les sparadraps inimaginables qui pouvoir essayer d’en trouver un qui collerait suffisamment pour lui et évidemment j’ai du en faire une dizaine avant de trouver le bon, voila ce genre de petites choses auxquelles on ne pense pas forcement et on est toujours en pleine galère tout le temps et on essaye toujours de trouver des solutions, voilà c’est un peu la magie de ce métier là…

Romain Roux : Et une dernière peut être pour expliquer un petit peu l’avantage maintenant de pouvoir enregistrer facilement, de faire du multi-piste etc, voilà je devait faire Aida de Verdi au stage de France, et donc on fait la pré-générale qu’on enregistre, avec quand même deux cent cinquante personnes sur scène, sur la pelouse qui était transformée en sable, donc grosse mise en scène dans le stade de France, il y avait soixante cinq milles personnes je crois, et la veille grosse pluie donc pas possible de répéter, l’enfer… 

Aida Verdi Stade de France
Aida Verdi Stade de France

Et du coup on s’est retrouvé à faire une générale sans musiciens, sans chanteur sans rien du tout, juste pour caler les effets lumière et le son. Voila le stade de France était vide, et il y avait que nous dedans à faire sonner le stade de France, c’est ma petite anecdote, on ne se rends pas compte de ce genre de chose mais merci le multi-piste qui nous a permis de faire ça.

Philippe M : Romain, cette interview se termine, tu nous as gâté avec tout ton récit et tes anecdotes… Milles merci d’avoir pris le temps pour cette interview, bonne chance pour la suite pour tes nouveaux projets etc… Voilà… merci beaucoup Romain

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